Un débat des plus étonnants attendait mardi soir les participants à la conférence organisée par l’ALED sur le thème de l’éducation en 2010 : sans remise en cause idéologique générale du système, sans non plus de complaisance vis-à-vis de mesures plus « poudre aux yeux » que frappées au coin du bon sens, les quatre intervenants ont exposé leurs vécu éducatif, familial, à l’école, en centre éducatif ou au tribunal pour enfant.
Un débat à poursuivre, certainement, en veillant à donner davantage encore la parole à un public visiblement très concerné par la question et qui a exprimé le souhait d’orienter la prochaine manifestation sur le thème de la place des parents.
Patrick Mottard, Conseiller général des Alpes-Maritimes, s’est fait le talentueux reporter de cette réunion sur son blog. Compagnon de l’ALED depuis sa création, il nous a fort aimablement autorisés à reproduire ce texte dans nos colonnes, ce dont nous le remercions.
« L’association laïque pour les élèves en difficultés (ALED), présidée par notre ami et colistier Paul Vautel, organise régulièrement des conférences-débats. C’est ainsi qu’en Mai 2008 j’ai eu le plaisir d’intervenir sur… Mai 1968 au théâtre Trimages.Ce soir, c’est dans le décor cosy du théâtre de la Cité qu’était programmée une conférence sur l’éducation des enfants intitulée « Croisière ou galère ? » et sous-titrée « De la joie d’être parents dans un monde compliqué ».
Présidée par une autre amie, Véronique Lederman, le débat fut introduit par le Président Paul himself. Il rappellera que les difficultés présentes sont en partie les conséquences d’une évolution heureuse de la société comme le vote des femmes, la contraception, le divorce par consentement mutuel, l’autorité parentale, le travail féminin…
Les intervenants (Côme Jacqmin, juge pour enfant, Florence Pellegrino, enseignante en ZEP, Jean-Max Foret, éducateur ), en tous points excellents, feront ensuite le constat que, dans une société où l’individualisme s’est considérablement développé, éduquer les enfants « ne coule pas de source ». Ils sont également d’accord pour affirmer que tout retour en arrière (contrat de responsabilité parental) est illusoire, démagogique et relève souvent d’une forme de discrimination sociale (le couvre-feu dans certains quartiers).
Les solutions ne peuvent pas être théoriques et encore moins idéologiques mais doivent constituer un faisceau de réponses pragmatiques, au coup par coup : du cousu main en quelque sorte… Le juge lui même avoue, malgré sa mission d’autorité, négocier quotidiennement dans la discrétion de son cabinet pour arriver aux moins mauvaises solutions.
Dans ce contexte, l’école a pour tâche de créer les conditions qui peuvent faciliter la recherche de cet équilibre en imposant la notion de « respect » comme substitut aux formes d’autorité « à l’ancienne » de toute façon impossible à restaurer.
Mais ce type de solution nécessite des moyens pour l’Education nationale comme pour les équipes de prévention spécialisées et les associations. Et les intervenants de nous rappeler qu’on est loin du compte en ces périodes de restrictions budgétaires où la prévention et l’éducation sont sacrifiées aux effets d’annonce sécuritaires.
Patrick MOTTARD ».
C’est vrai que le temps nous a manqué pour enrichir notre réfléxion, je pense néanmoins qu’une suite à ce débat est possible. En partant de l’idée qu’il doit y avoir un lien pour chaque enfant entre les parents, l’école et la vie en société, c’est ce que l’on a déjà appelé, à une époque, la Coéducation, mais nos gouvernants, pensant peut être qu’une bonne entente entre les enseignants et les parents n’était pas souhaitable (politiquement?), n’a donc pas poursuivi sur cette idée de réunir une communauté éducative comprenant les parents.